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Tourisme responsable

Tourisme responsable et les Objectifs de développement durable de l’ONU : comment le voyage fait avancer le progrès mondial

Par Steven Keen

MSc Responsible Tourism Management (en cours), certifié GSTC et ICRT

15 min de lecture Updated on Sources verified on

Le tourisme n’est pas qu’une industrie — c’est un puissant levier pour atteindre les objectifs les plus ambitieux de l’humanité. De l’éradication de la pauvreté à la protection des océans, le tourisme touche les 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Voici comment.

À retenir

  • Le tourisme est nommé dans trois cibles des ODD—8.9, 12.b, 14.7—et touche les 17.
  • C’est un grand pourvoyeur d’emplois dans les économies en développement—au cœur de l’éradication de la pauvreté (ODD 1) et du travail décent (ODD 8).
  • L’impact ne compte que mesuré à l’aune d’indicateurs réels, pas d’arguments marketing.
  • Les opérateurs peuvent relier des actions concrètes aux cibles des ODD et en rendre compte.

Le lien entre tourisme et ODD

En 2015, les 193 États membres de l’ONU ont adopté le Programme de développement durable à l’horizon 20301 — une feuille de route universelle pour la paix et la prospérité. En son cœur figurent 17 Objectifs de développement durable (ODD), chacun s’attaquant à des défis majeurs, de la pauvreté et des inégalités au changement climatique et à l’effondrement de la biodiversité.

Le tourisme est explicitement mentionné dans trois cibles des ODD :2

  • ODD 8.9 Concevoir et mettre en œuvre des politiques de promotion d’un tourisme durable qui crée des emplois et met en valeur la culture et les produits locaux.
  • ODD 12.b Mettre au point et utiliser des outils pour suivre les effets sur le développement durable d’un tourisme durable, créateur d’emplois et valorisant la culture et les produits locaux.
  • ODD 14.7 D’ici à 2030, accroître les bénéfices économiques que les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays les moins avancés tirent de l’exploitation durable des ressources marines, notamment par une gestion durable des pêches, de l’aquaculture et du tourisme.

Mais ces trois cibles n’effleurent que la surface. ONU Tourisme (anciennement l’OMT) a identifié le tourisme comme un contributeur significatif aux 17 ODD.3 Pourquoi ? Parce que le tourisme est idéalement placé pour être moteur de changement :

  • Il mobilise directement les communautés — des villages reculés aux mégapoles
  • Il génère des devises, en particulier pour les pays en développement
  • Il crée des incitations économiques à protéger le patrimoine naturel et culturel
  • Il favorise la compréhension interculturelle et la paix
  • Il offre une porte d’entrée accessible aux femmes, aux jeunes et aux groupes marginalisés

La question n’est pas de savoir si le tourisme influe sur les ODD — c’est de savoir si cet effet est positif ou négatif. C’est exactement ce qu’est le tourisme responsable : la discipline qui le rend positif par conception, et non par accident.

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Le tourisme à travers les 17 objectifs

Explorez ci-dessous le lien du tourisme avec chaque objectif — et voyez combien peu le nomment franchement.

Sélectionnez l’un des 17 ODD

Révélez sa couleur officielle de l’ONU et découvrez comment le tourisme s’y rattache. Seuls trois ODD — l’ODD 8, l’ODD 12 et l’ODD 14 — mentionnent explicitement le tourisme.

Le tourisme se rattache, directement ou indirectement, à chacun des 17 Objectifs de développement durable — et il est nommé explicitement dans les cibles de trois d’entre eux (ODD 8, 12 et 14). Source(s): ONU Tourisme ; Tourism and the SDGs (tourism4sdgs.org) ; Nations Unies (2015) ; Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (A/RES/70/1) ; ODD 8.9, 12.b, 14.7. Effectif : ONU Tourisme & ONU Femmes (2019). Eau : Gössling et al. (2012). Émissions : Lenzen et al. (2018).
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Les ODD où le tourisme fait la plus grande différence

Si le tourisme touche les 17 objectifs, son impact est le plus direct et le plus mesurable dans les domaines suivants. Chaque section explique le lien, donne des exemples concrets et propose des bonnes pratiques pour les voyageurs et les opérateurs.

ODD 1 : Pas de pauvreté

Le tourisme est l’une des rares industries capables d’apporter emplois et revenus directement aux communautés rurales et côtières où l’emploi formel est rare. Quand des visiteurs séjournent dans un village de montagne ou mangent dans une taverne familiale, l’argent va directement à ceux qui en ont le plus besoin.

Exemples concrets : Le tourisme communautaire au Népal apporte des revenus de trekking aux villages himalayens. L’écotourisme balnéaire à Bali finance des coopératives locales. L’agritourisme en Crète met en relation les agriculteurs et les voyageurs qui leur achètent directement.

Bonnes pratiques : Embaucher localement. Privilégier les achats locaux pour l’alimentation, les fournitures et les services. Verser des salaires équitables, au-dessus du minimum régional. Soutenir les entreprises communautaires plutôt que de leur faire concurrence.

ODD 5 : Égalité entre les sexes

Les femmes représentent 54 % de la main-d’œuvre touristique mondiale selon ONU Tourisme et ONU Femmes4 — bien au-dessus de leur part d’environ 39 % dans l’ensemble de l’économie mondiale — même si leur représentation varie fortement d’une région à l’autre et qu’elles restent surreprésentées dans les postes les moins qualifiés et les moins payés. Le tourisme responsable s’emploie activement à changer cela en créant des opportunités de direction et en garantissant une rémunération égale.

Exemples concrets : Des maisons d’hôtes dirigées par des femmes au Maroc procurent un revenu indépendant et un statut social. Des guides de safari femmes au Kenya bousculent les rôles de genre traditionnels tout en offrant des expériences d’exception. Des coopératives d’artisanat féminines au Guatemala créent une indépendance économique grâce au tourisme artisanal.

Bonnes pratiques : Garantir un salaire égal à travail égal. Créer des voies d’accès aux postes de direction et d’encadrement. Maintenir des environnements de travail sûrs, exempts de harcèlement. Soutenir et promouvoir les entreprises touristiques dirigées par des femmes.

ODD 8 : Travail décent et croissance économique

Le tourisme représente environ 1 emploi sur 10 dans le monde.5 Mais créer des emplois ne suffit pas — leur qualité compte tout autant. Un emploi touristique saisonnier, informel ou abusif ne fait pas avancer les ODD. Le travail décent, c’est un emploi stable, des salaires équitables et des perspectives d’évolution professionnelle.

Exemples concrets : Des programmes d’emploi à l’année dans les destinations hors saison rompent le cycle de l’abondance et de la disette. Des programmes de montée en compétences dans l’hôtellerie ouvrent des carrières plutôt que des impasses. Les certifications de tourisme équitable (comme Fair Trade Tourism en Afrique du Sud) garantissent le respect des normes du travail.

Bonnes pratiques : Proposer des contrats permanents plutôt que des emplois uniquement saisonniers. Investir dans la formation et le développement professionnel du personnel. Verser des salaires décents, pas seulement le minimum légal. Soutenir les artisans et les fournisseurs locaux au sein de la chaîne de valeur touristique.

ODD 10 : Inégalités réduites

Le tourisme peut réduire les fractures — entre économies urbaines et rurales, entre visiteurs fortunés et communautés modestes, entre voyageurs valides et personnes en situation de handicap. Mais il peut aussi les creuser, par la gentrification, le déplacement et l’exclusion. Tout dépend de la manière dont le tourisme est conçu et géré.

Exemples concrets : Le tourisme accessible aux personnes en situation de handicap ouvre des destinations à des millions de voyageurs jusque-là exclus. Le tourisme dirigé par les Autochtones au Canada (comme à Klemtu, en Colombie-Britannique) permet aux Premières Nations de maîtriser leur propre récit et d’en tirer un bénéfice économique.

Bonnes pratiques : Concevoir les expériences touristiques avec un accès inclusif dès le départ — pas après coup. Garantir un partage équitable des bénéfices entre opérateurs et communautés. Prévenir activement les déplacements et la gentrification induits par le tourisme. Associer les groupes marginalisés à la planification et aux décisions touristiques.

ODD 11 : Villes et communautés durables

Le tourisme peut revitaliser des quartiers, financer des infrastructures publiques et célébrer l’identité culturelle. Il peut aussi provoquer le surtourisme — saturer les habitants, dégrader les espaces publics et transformer les logements en locations de courte durée. Des villes durables ont besoin d’une gestion touristique qui fait passer les habitants d’abord.

Exemples concrets : Les politiques touristiques d’Amsterdam, qui privilégient les habitants, réorientent les visiteurs vers des quartiers moins fréquentés. La piétonnisation des centres historiques (comme à Dubrovnik et Ljubljana) améliore la qualité de vie des habitants comme des visiteurs. Des fonds de tourisme communautaire à Venise réinjectent les recettes directement dans le logement et les services locaux.

Bonnes pratiques : Élaborer des plans de gestion des destinations avec une véritable participation des habitants. Plafonner le nombre de visiteurs en période de pointe. Investir les recettes touristiques directement dans les services publics — transports, parcs, propreté. Encourager la dispersion vers les zones moins visitées plutôt que la concentration sur les hauts lieux.

ODD 12 : Consommation et production responsables

Le tourisme consomme d’énormes quantités d’eau, d’énergie, de nourriture et de matériaux. Un seul complexe hôtelier peut consommer plus d’eau par jour qu’un village entier.6 La consommation responsable dans le tourisme, c’est adopter les principes de l’économie circulaire — réduire les déchets à la source, réutiliser les matériaux et s’approvisionner localement.

Exemples concrets : Des hôtels qui éliminent les plastiques à usage unique et passent aux distributeurs en vrac. Des restaurants de la ferme à la table qui s’approvisionnent exclusivement auprès de producteurs locaux. Des hébergements zéro déchet aux Açores. Des écolodges alimentés entièrement par les énergies renouvelables.

Bonnes pratiques : Mesurer et publier la production de déchets et la consommation d’eau et d’énergie. S’approvisionner localement et en bio autant que possible. Proposer des menus végétariens et végétaux par défaut, et non en exception. Adopter les principes de l’économie circulaire — réparer, réutiliser et recycler avant de jeter.

ODD 13 : Lutte contre les changements climatiques

Le tourisme est responsable d’environ 8 à 9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre7 (près de 8,8 % en 2019),8 le transport — l’aviation en particulier — en représentant la plus grande part. C’est la vérité la plus inconfortable pour l’industrie du voyage : l’acte même de parcourir de longues distances alimente la crise climatique. Le tourisme responsable l’affronte avec honnêteté.

Exemples concrets : Des campagnes en faveur du train à travers l’Europe incitent les visiteurs à renoncer à l’avion au profit de trajets terrestres. Des programmes de compensation carbone vérifiés financent la reforestation et les énergies renouvelables. Des hébergements solaires éliminent la dépendance aux énergies fossiles. Les mouvements du voyage lent encouragent des séjours plus longs dans moins de destinations.

Bonnes pratiques : Privilégier les transports bas-carbone — train, bus, vélo, marche. Réduire les vols court-courriers et encourager les alternatives terrestres. Soutenir les opérateurs neutres en carbone ou qui réduisent activement leurs émissions. Pratiquer le voyage lent : rester plus longtemps, voyager moins souvent, explorer plus en profondeur.

ODD 14 : Vie aquatique

Le tourisme côtier et marin est le poumon économique des petits États insulaires en développement (PEID) et de nombreuses communautés littorales. Bien mené, il finance la conservation marine et crée des alternatives économiques à la surpêche. Mal mené, il abîme les écosystèmes mêmes que les visiteurs viennent admirer.

Exemples concrets : Des aires marines protégées financées par les redevances de plongée à Palaos et à Bonaire relient directement les recettes touristiques à la conservation des océans. Des sorties d’observation des baleines responsables en Islande et aux Açores imposent des distances et des durées strictes pour limiter les perturbations. Des règles sur les crèmes solaires respectueuses des récifs à Hawaï et à Palaos protègent les écosystèmes coralliens.

Bonnes pratiques : Adopter une règle « on ne touche pas » en plongée ou en snorkeling près des coraux. N’utiliser que des crèmes solaires minérales, respectueuses des récifs. Soutenir les aires marines protégées par des droits d’entrée et des dons. Choisir des centres de plongée certifiés qui suivent des règles d’interaction responsables.

ODD 15 : Vie terrestre

Le tourisme de nature crée de puissantes incitations financières à protéger forêts, zones humides, montagnes et faune sauvage. Quand un parc national tire des revenus de ses visiteurs, les gouvernements ont une raison économique — et pas seulement éthique — de le protéger. Mais le tourisme doit être géré avec soin pour ne pas aimer la nature au point de la tuer.

Exemples concrets : Les droits d’entrée des parcs nationaux au Costa Rica et au Kenya financent les patrouilles de gardes et la restauration des habitats. Des conservancies communautaires en Namibie donnent aux communautés locales un contrôle direct sur la gestion de la faune et les revenus du tourisme. Des programmes de tourisme de reforestation invitent les visiteurs à planter des arbres pendant leur séjour. Des corridors écologiques en Inde relient des habitats fragmentés, en partie financés par l’écotourisme.

Bonnes pratiques : Rester sur les sentiers balisés pour ne pas perturber les écosystèmes fragiles. Soutenir les écolodges et les parcs qui réinvestissent leurs recettes dans la conservation. Éviter les interactions nuisibles avec la faune — pas de balades à dos d’éléphant, pas de contact avec les animaux sauvages, pas de spectacles d’animaux captifs. Rechercher et financer des circuits tournés vers la conservation qui contribuent directement à la protection des habitats.

Mesurer l’impact du tourisme sur les ODD

Des affirmations sans données ne sont que du marketing. Si le tourisme doit contribuer véritablement aux ODD, son impact doit être mesuré, publié et vérifié de façon indépendante. Plusieurs cadres existent pour y aider :

Cadre statistique d’ONU Tourisme (SF-MST)

Approuvé par la Commission de statistique de l’ONU en 2024 et élaboré avec plus de 40 instituts nationaux de statistique, le SF-MST est la référence internationalement reconnue pour intégrer les dimensions économique, environnementale et sociale du tourisme—le principal outil de suivi de sa contribution aux ODD, et une réponse directe à l’appel de la cible 12.b à mettre au point des outils de suivi du tourisme durable.9

Reporting économique et social du WTTC (ESR)

Le World Travel & Tourism Council suit les émissions de carbone, la consommation d’eau, la production de déchets et les profils d’emploi dans plus de 180 pays.5 Ses rapports annuels fournissent des références par rapport auxquelles destinations et opérateurs peuvent mesurer leurs progrès.

Critères du Global Sustainable Tourism Council (GSTC)

Le GSTC établit les normes de référence en matière de durabilité dans le voyage et le tourisme. Ses critères couvrent quatre piliers : gestion durable, retombées socio-économiques, retombées culturelles et retombées environnementales.10 Les programmes de certification accrédités par le GSTC (comme EarthCheck, Green Globe et Travelife) attestent que les opérateurs respectent ces normes.

Des indicateurs alignés sur les ODD pour le tourisme

Au-delà des cadres généraux, des indicateurs précis peuvent suivre la contribution du tourisme à chaque ODD :

  • ODD 5 Part des femmes aux postes de direction et d’encadrement dans le tourisme
  • ODD 8 & ODD 10 Part des recettes touristiques retenue dans l’économie locale (vs fuites vers les opérateurs étrangers)
  • ODD 13 Émissions de carbone par nuitée touristique — transport, hébergement et activités compris
  • ODD 14 & ODD 15 Nombre et étendue des aires protégées soutenues par les recettes touristiques

Comment les voyagistes peuvent s’aligner sur les ODD

Vous n’avez pas besoin de traiter les 17 objectifs. Commencez par ceux qui comptent le plus pour votre activité et votre destination—notre guide pour les voyagistes approfondit chacun d’eux. Voici un cadre pratique en quatre étapes, et notre Guide de terrain gratuit montre les critères à l’aune desquels les voyageurs responsables d’aujourd’hui vous jugeront.

1

Identifiez vos ODD prioritaires

Choisissez 3 à 5 ODD sur lesquels votre activité peut avoir l’impact le plus significatif. Un centre de plongée côtier mettra l’accent sur l’ODD 14 (Vie aquatique), l’ODD 8 (Travail décent) et l’ODD 13 (Lutte contre les changements climatiques). Une entreprise de randonnée en montagne privilégiera l’ODD 15 (Vie terrestre), l’ODD 1 (Pas de pauvreté) et l’ODD 12 (Consommation responsable).

2

Fixez des objectifs mesurables

Les vagues aspirations ne font pas bouger les lignes. Reliez chaque objectif à l’ODD qu’il fait avancer—avec un chiffre et une date :

  • Réduire les émissions de carbone par voyage de 20 % d’ici 2027 (ODD 13)
  • Atteindre 50 % de femmes aux postes de direction d’ici 2028 (ODD 5)
  • S’approvisionner à 80 % auprès de producteurs locaux d’ici 2027 (ODD 8, 12)
  • Éliminer les plastiques à usage unique en 12 mois (ODD 12, 14)
3

Mettez en œuvre et communiquez

Formez votre personnel à vos engagements ODD—ce sont vos ambassadeurs de première ligne. Publiez vos progrès chaque année, même quand les chiffres ne sont pas parfaits (la transparence bâtit la confiance). Partagez des histoires avec vos hôtes : quand les visiteurs comprennent pourquoi vous vous approvisionnez localement ou limitez la taille des groupes, ils deviennent eux-mêmes des défenseurs du tourisme responsable.

4

Collaborez

Aucun opérateur ne peut atteindre seul les ODD. Rejoignez des initiatives comme Tourism Declares a Climate Emergency pour afficher votre engagement et accéder à des ressources partagées. Nouez des partenariats avec des ONG locales et des organisations de conservation. Participez aux processus de planification des ODD de votre destination—quand opérateurs, gouvernements et communautés s’alignent, le changement systémique devient possible.

Questions fréquentes

Comment le tourisme contribue-t-il aux Objectifs de développement durable ?
Le tourisme est explicitement nommé dans trois cibles des ODD — 8.9, 12.b et 14.7 — et se rattache aux 17 objectifs. Premier secteur d’exportation et d’emploi pour de nombreuses économies en développement, il est central pour l’éradication de la pauvreté (ODD 1) et le travail décent (ODD 8), et il façonne directement les résultats en matière d’égalité des genres, de réduction des inégalités, de consommation responsable, d’action climatique et de vie terrestre et aquatique.
Quels ODD sont les plus pertinents pour le tourisme ?
Le tourisme touche les 17, mais son impact est le plus direct et le plus mesurable sur l’ODD 8 (travail décent et croissance économique), l’ODD 11 (villes et communautés durables), l’ODD 12 (consommation et production responsables), l’ODD 13 (lutte contre les changements climatiques), l’ODD 14 (vie aquatique) et l’ODD 15 (vie terrestre).
Que sont les cibles 8.9, 12.b et 14.7 des ODD ?
Ce sont les trois cibles qui nomment directement le tourisme. La cible 8.9 appelle à des politiques de promotion d’un tourisme durable, créateur d’emplois et valorisant la culture et les produits locaux ; la 12.b porte sur la mise au point d’outils de suivi des effets du tourisme sur le développement durable ; et la 14.7 concerne l’augmentation des bénéfices économiques tirés par les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés de l’exploitation durable des ressources marines, y compris par le tourisme.
Comment un voyagiste peut-il aligner son activité sur les ODD ?
Identifiez les objectifs sur lesquels vous pesez le plus, fixez des cibles mesurables liées à des ODD précis, suivez-les à l’aune d’indicateurs réels et rendez compte en toute transparence. Le but, ce sont des contributions concrètes et mesurées — pas des arguments marketing.
Les ODD sont-ils la même chose que le tourisme durable ?
Non. Les ODD sont un cadre mondial de 17 objectifs adoptés par tous les États membres de l’ONU en 2015. Le tourisme durable est l’un des moyens de faire avancer plusieurs de ces objectifs, et le tourisme responsable — les décisions que prennent réellement les opérateurs et les voyageurs — est la façon dont cette contribution se réalise en pratique.

Étude de cas : CRETAN®

Traduire les Objectifs de développement durable de l’ONU en opérations touristiques quotidiennes suppose de concilier impact mesurable et viabilité économique. Pour voir comment ces cibles mondiales se déclinent dans les réalités locales, voici comment CRETAN® aligne ses opérations de terrain sur des ODD précis :

ODD 8 — Travail décent & croissance économique

  • Tous les guides sont des Crétois locaux employés à des salaires équitables.
  • Achats locaux : alimentation, transport et fournitures auprès d’entreprises crétoises.
  • Les guides alternent entre randonnée, culture et gastronomie au fil des saisons.

ODD 10 — Inégalités réduites

  • Randonnées accessibles en fauteuil roulant grâce à des aides de mobilité tout-terrain.
  • Aucune discrimination tarifaire—la même expérience au même prix.

ODD 11 — Villes & communautés durables

  • Les circuits évitent les hauts lieux surfréquentés et privilégient les endroits moins connus.
  • Accords de partage des revenus avec les communautés locales.
  • Pauses déjeuner exclusivement dans des tavernes familiales, jamais des chaînes.

ODD 12 — Consommation & production responsables

  • Zéro plastique à usage unique sur tous les circuits, avec des gourdes réutilisables fournies.
  • Les repas mettent à l’honneur des produits locaux et de saison issus de fermes crétoises.

ODD 13 — Lutte contre les changements climatiques

  • Voyage lent : de petits groupes se déplacent surtout à pied et en véhicules hybrides.
  • Les hôtes sont encouragés à prolonger leur séjour sur l’île.

ODD 15 — Vie terrestre

  • Randonnées dans des sites protégés, suivant les principes « Leave No Trace ».

CRETAN® démontre qu’un voyagiste peut apporter des contributions mesurables à plusieurs ODD à la fois—du travail décent et de la réduction des inégalités à l’action climatique et à la vie terrestre, servant de preuve de concept concrète.

À propos de l’auteur

Steven a passé dix ans à réaliser des documentaires dans les lieux que le tourisme oublie – ses travaux sont conservés dans les archives de l’Organisation internationale du travail de l’ONU – avant d’aller vivre dans l’un d’eux. Il achève un MSc en Responsible Tourism Management et est le fondateur de CRETAN®, qui figure ici comme une étude de cas parmi les cadres de référence.

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Références

  1. Nations Unies. 2015. Transforming our world: the 2030 Agenda for Sustainable Development (A/RES/70/1) [anglais]. Nations Unies. https://sdgs.un.org/2030agenda (consulté le 9 juillet 2026).
  2. Nations Unies. Sustainable Development Goals — cibles et indicateurs (ODD 8.9, 12.b, 14.7) [anglais]. Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies. https://sdgs.un.org/goals (consulté le 9 juillet 2026).
  3. ONU Tourisme (OMT). Tourism and the Sustainable Development Goals — le tourisme contribue aux 17 ODD [anglais]. Organisation mondiale du tourisme. https://tourism4sdgs.org/ (consulté le 9 juillet 2026).
  4. ONU Tourisme (OMT) & ONU Femmes. 2019. Global Report on Women in Tourism, Second Edition (les femmes = 54 % de la main-d’œuvre touristique) [anglais]. Organisation mondiale du tourisme. https://www.e-unwto.org/doi/book/10.18111/9789284420384 (consulté le 9 juillet 2026).
  5. World Travel & Tourism Council (WTTC). 2026. Travel & Tourism Economic Impact 2025 (366 millions d’emplois, 10,9 % de l’emploi — plus d’un sur dix — en 2025) [anglais]. WTTC, en collaboration avec Oxford Economics. https://wttc.org/news/travel-tourism-sees-best-year-ever,-outpacing-the-global-economy-in-2025 (consulté le 9 juillet 2026).
  6. Gössling, S., Peeters, P., Hall, C. M., Ceron, J.-P., Dubois, G., Lehmann, L. V. & Scott, D. 2012. Tourism and water use: Supply, demand, and security. An international review. Tourism Management 33(1), 1–15 [anglais]. Tourism Management (Elsevier). https://doi.org/10.1016/j.tourman.2011.03.015 (consulté le 9 juillet 2026).
  7. Lenzen, M., Sun, Y.-Y., Faturay, F., Ting, Y.-P., Geschke, A. & Malik, A. 2018. The carbon footprint of global tourism. Nature Climate Change 8, 522–528 [anglais]. Nature Climate Change. https://www.nature.com/articles/s41558-018-0141-x (consulté le 9 juillet 2026).
  8. Sun, Y.-Y., Faturay, F., Lenzen, M., Gössling, S. & Higham, J. 2024. Drivers of global tourism carbon emissions. Nature Communications 15, 10384 [anglais]. Nature Communications. https://www.nature.com/articles/s41467-024-54582-7 (consulté le 9 juillet 2026).
  9. ONU Tourisme (OMT). 2024. Statistical Framework for Measuring the Sustainability of Tourism (SF-MST) — approuvé par la Commission de statistique de l’ONU (55ᵉ session, 2024) comme la référence internationalement reconnue pour intégrer les dimensions économique, environnementale et sociale du tourisme et suivre sa contribution aux ODD [anglais]. ONU Tourisme. https://www.untourism.int/tourism-statistics/statistical-framework-for-measuring-the-sustainability-of-tourism (consulté le 9 juillet 2026).
  10. Global Sustainable Tourism Council. 2025. GSTC Criteria — quatre piliers (gestion durable, retombées socio-économiques, culturelles, environnementales) ; Industry Standards v4.0, décembre 2025 [anglais]. GSTC. https://www.gstc.org/gstc-criteria/ (consulté le 9 juillet 2026).

Pour approfondir

Nos normes éditoriales

Ceci est une ressource indépendante, rédigée et tenue à jour par Steven Keen – un praticien du tourisme responsable installé en Crète, qui achève un MSc en Responsible Tourism Management et est certifié par le GSTC et l’ICRT. Chaque statistique est citée à sa source primaire, chaque page porte une date de dernière mise à jour honnête, et lorsqu’un chiffre ne peut être vérifié, nous le signalons plutôt que de le deviner. Nous divulguons notre lien avec CRETAN®, qui figure ici comme une étude de cas documentée parmi les cadres de référence.

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